Black Tusk - Andrew Fidler

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 BLACK TUSK

 INTERVIEW AVEC ANDREW FIDLER

 28 SEPTEMBRE 2011 PAR TELEPHONE

 

 

De la ville de Savannah, dans l’état de Géorgie aux Etats-Unis, émerge depuis quelques années une toute nouvelle scène qui mêle allégrement metal, sludge, stoner et psychédélisme. Mais avec Black Tusk, le propos est considérablement plus direct et rageur, dans un mélange de sludge et de hardcore dont Set The Dial est une parfaite illustration. 

Peux-tu revenir sur la création de Black Tusk ?

Andrew Fidler (guitare, chant) : Black Tusk a vu le jour en 2005. Nous étions amis de longue date et nous jouions dans 2 formations punk différentes mais qui ont splittés au même moment. C’est alors que nous avons commencé tous les 3 à jouer ensemble et au bout de 3 mois nous avons mis en boite un Ep 3 titres. Depuis, nous n’avons plus cessé de sortir des albums et de partir en tournée !

A l’image de Baroness et Kylesa, vous êtes originaires de Savannah. As-tu le sentiment que cette ville est le berceau de toute une nouvelle scène ?

En fait ce n’est pas seulement Savannah qui abrite toute cette nouvelle scène qui pratique un nouveau style de heavy, même si effectivement nous en sommes originaires tout comme Kylesa et Baroness. J’élargirai cela à tout le sud-est des Etats-Unis avec d’autres groupes comme Mastodon et Rwake par exemple. Beaucoup de choses se passent musicalement dans cette partie du pays et nous formons tous une grande famille. C.T de Rwake et Dixie Dave de Weedeater nous ont ainsi permis de décrocher notre deal et nous ont aidés en matière de management. Il y a beaucoup d’entraide entre nous tous. En donnant dans le heavy et en venant du sud, nous avons tous un son unique ce qui est vraiment cool !

Nous venons de mentionner Baroness, dont le leader John Dyer Baizley dessine vos splendides pochettes. Peux-tu nous parler de cette collaboration ?

En fait nous connaissions John Dyer Baizley bien avant que Baroness ne s’installe ici, car en fait ils viennent de Virginie à l’origine. John a toujours adoré Black Tusk, et ce dès nos premières répétitions et il demeure un grand fan encore à ce jour. Il nous a vite proposé de se charger de nos illustrations et notre collaboration se passe à merveille. Nous lui parlons du contenu de l’album tandis qu’il nous soumet des visuels et cela aboutit toujours à ces magnifiques pochettes.

Vous avez sorti pas moins de 4 albums en 5 ans ! Ecrivez-vous en permanence ou êtes-vous simplement du genre direct en matière d’écriture ?

Nous écrivons tout le temps, même en tournée. Nous disposons de téléphones tellement sophistiqués aujourd’hui, que nous pouvons enregistrés le moindre riff dans n’importe quelle situation ! Ca nous aide vraiment car en tournée tu peux parfois trouver de bons riffs ou de bonnes idées puis les oublier par la suite. Au moins en gardant des traces sur nos téléphones portables, on peut se replonger dans certaines choses de retour à la maison. Nous allons donc très vite et à vrai dire, la moitié de notre nouvel opus Set The Dial (2011) était déjà composé avant même la sortie de Taste The Sin (2010). Nous avons fait une tournée européenne en début d’année et Relapse voulait ensuite un nouvel album. Il n’y avait qu’à demander, car nous étions largement prêts !

On peut donc supposer que la moitié de votre 5ème disque est déjà composée ?

En effet, à peu de chose près, c’est bel et bien le cas !

Vous êtes logiquement associés avec le sludge mais votre musique dégage également un sentiment d’urgence proche du punk/hardcore. Etes-vous d’accord ?

Totalement, car bien que notre musique soit très heavy, nous venons tous les 3 du milieu punk et je pense que cela se sent un peu dans ce que nous faisons, même si malgré tout, je pense aussi que nous nous éloignons peu à peu du punk et que nous progressons consciemment sur Set The Dial vers un son plus lourd et rock n’roll. Nous essayons de faire en sorte de proposer quelque chose de différent à chaque fois de toute manière.
 
Set The Dial possède une production organique au possible, avec un son qui fait « live ». Vous n’êtes pas du genre à passer des heures en studio n’est ce pas ?

Non effectivement ! Jack Endino a enregistré Set The Dial. C’est le mec qui a mis en boite des albums de Nirvana et Soundgarden et tout un tas d’autres combos de grunge de Seattle dans les années 90. Lorsqu’il a écouté nos démos, il a insisté pour nous enregistrer car il a adoré le son organique dont vous parlez. C’est ça qui l’a amené vers Black Tusk !