Hellyeah - Vinnie Paul & Chad Gray

 

 HELLYEAH

 INTERVIEW AVEC VINNIE PAUL & CHAD GRAY

 12 JUIN 2012 A LONDRES


Hellyeah sort cet été Band Of Brothers et nous a lancé une invitation pour aller prendre du bon temps au Soho Sanctum Hotel à Londres avec Vinnie Paul et Chad Gray, pour un entretien forcement décontracté !

C’est la première fois qu’un album d’Hellyeah sort dans des conditions
convenables en Europe. Votre ancien label Epic négligeait-il volontairement notre
continent ?

Vinnie Paul (batterie) : Au moment même où nous avons signé notre contrat avec Sony/Epic, ils ont foutu
à la porte une tonne de monde dans leurs bureaux européens, et devant ce sous-effectif, la sortie
de notre premier album est passée à la trappe. Pour le second opus, nous avons cette fois signée
avec un label indépendant, mais rien n’a vraiment fonctionné au niveau du management, de la
maison de disque et de toutes ces personnes qui ne faisaient pas leur boulot ! Mais pour ce
troisième album, nous avons signé avec la bonne personne, un mec qui croit à fond en nous et
qui nous court d’ailleurs après depuis nos débuts (rires) ! Chez Eleven Seven Music ils font bien
leur travail, ils sont persuadés que le disque va marcher et ils lui donnent sa chance. C’est
important pour nous de venir ici et faire cette tournée promo. Je pense d’ailleurs que nous avons
préparé le terrain en Angleterre lorsque nous sommes venus en tournée il y a 2 ans avec
Avenged Sevenfold et Stone Sour. Mais il est désormais temps de passer à la vitesse supérieure
et d’amener Hellyeah à un tout autre niveau en Europe ! Nous avons une équipe qui aime
l’album, nous l’aimons aussi et nous sommes prêts à saisir l’opportunité !

Hellyeah n’a pratiquement jamais joué en Europe. Pensez-vous rectifier le tir ?

Absolument et il y a déjà de bonnes chances pour que nous soyons en Europe pendant
l’automne. Une fois notre petite tournée promo achevée, nous allons rentrer chez nous et partir
pour une tournée nord-américaine en compagnie de Volbeat et Iced Earth. Ca va être une super
tournée j’en suis sur ! Ensuite ce sera enfin la sortie de notre album le 17 juillet, ça commençait
à faire long car il est terminé depuis le mois de janvier. Nous verrons donc dans un petit moment
pour ce qui se passera ensuite, car nous voulons bosser convenablement et intelligemment ce
disque afin de lui donner le plus de chance possible.

Pourquoi avoir choisi le titre Band Of Brothers ?

Chad Gray (chant) : Parce que c’est ce que nous sommes : une bande de frères ! Notre amitié a évolué
en une sorte de confrérie au fil des années, et cela va au-delà de nous 5, cela inclut également
nos familles respectives ainsi que les fans. Je n’ai jamais aimé la séparation qu’il peut y avoir
entre un groupe et ses fans. Pour moi nous formons un tout. Nous sommes tous présents lors du
concert et nous assistons tous à la même thérapie et nous avons autant besoin de la musique. Ce
disque est dédié à tous nos fans et nous leur proposons de grimper à bord du train avec nous
s’ils le souhaitent. Ils sont les bienvenus dans notre périple ! Pour moi, le titre Band Of Brothers
est une déclaration très forte. J’ai toujours eu l’impression de faire parti d’une catégorie de soit
disant perdants et ce titre renvoie à ça. Ca évoque le fait de se serrer les coudes. Je te protège et
tu me protèges !

Vous vivez tous à des endroits différents. Comment composez-vous dans Hellyeah ? En
groupe ou chacun de votre côté ?

Vinnie Paul : Nous nous retrouvons au Texas et écrivons tous ensemble. Nous jammons et en
général nos titres partent souvent de riffs de guitare. Mais cela peut aussi partir d’une idée à la
batterie ou n’importe quoi d’autre. Nous faisons tout ensemble, il n’y a aucun leader dans le
groupe au niveau de la composition et nous ne recevons aucune aide de la part d’un producteur
extérieur. Nous écrivons vraiment en groupe.

Hellyeah est clairement une formation texane et le clame haut et fort. Pour Vinnie c’est
cohérent, mais pour toi Chad qui vit en Arizona, est-ce évident de sauter dans ces bottes
sudistes ?

Chad Gray : Aucun problème là-dessus, j’ai passé tellement de temps au Texas que je m’y sens
comme chez moi ! Entre les 3 albums d’Hellyeah qui ont tous été mis en boite au Texas et les
nombreuses tournées qui remontent du temps de Mudvayne, j’ai toujours adoré le Texas. C’est
marrant d’ailleurs, car lorsque tu arrives au Texas sur une tournée, tu y restes pendant 2
semaines (rires) ! Il y a tellement d’endroits où jouer comme Dallas, Austin, San Antonio,
Corpus Christi, Carrollton, El Paso, Amarillo et Houston. J’ai toujours eu un faible pour cette
région du monde et je pense que c’est l’endroit où j’aime le mieux me produire. J’adore
particulièrement le public de San Antonio, je le trouve dingue ! On peut dire que je suis texan
depuis un bon moment déjà (rires) !

Il est cliché de dire que son nouvel album est plus heavy que le précédant, mais il est clair que
Band Of Brothers est plus agressif que Stampede (2010). Y avait-il une aspiration particulière
à revenir à quelque chose de plus rentre dedans ?

Vinnie Paul : Les 2 premiers disques étaient un bon moyen pour nous d’expérimenter un peu et
de nous éloigner de nos styles respectifs en essayant d’explorer d’autres facettes de notre jeu
comme le rock sudiste, le blues et même la country avec un titre comme « Alcohaulin’Ass » par
exemple. Mais une fois que nous avons laissé échapper ce besoin de notre système, nous avons
tout simplement ressenti l’envie de revenir à nos sources et à ce que nous faisons de mieux. Le
but fût donc de reprendre les éléments pour lesquels nous sommes connus dans nos groupes
d’origine, de les mélanger au mixeur et voilà le résultat ! Je pense que nous avons accouché sur
Band Of Brothers de la musique à laquelle les gens s’attendaient de notre part dès le début.

Vinnie, pour la première fois tu n’étais pas entouré de ton partenaire de toujours Sterling
Winfield, qui même si peu de gens le savent, a toujours été à tes côtés en studio, même du
temps de Pantera. Comment était-ce pour toi de travailler avec quelqu’un d’autre ?

C’était une expérience totalement nouvelle et Sterling était d’ailleurs prévu sur cet opus
d’Hellyeah. Mais il ne pouvait pas car il avait déjà pris des engagements avec une formation de
Nouvelle Zélande, il aurait donc fallu l’attendre au moins un mois, mais nous étions tellement
prêts à entrer en studio que nous n’avons pas eu la patience. C’est alors que Chad et Greg
(Tribett) ont eu l’idée de faire appel à Jeremy Parker avec qui ils ont bossé pour Mudvayne. Je
ne savais absolument rien de lui alors je me suis dit qu’il pouvait venir et que l’on verrait
comment les choses allaient se passer, mais il m’a soufflé dès le premier jour. Nous n’avons pas
eu à changer grand-chose de la disposition de mon home studio, mais Jeremy est assurément un
des tous meilleurs ingénieurs du son avec qui j’ai pu travailler dans ma carrière. Ce n’est pas le
genre de producteur qui peut t’aider sur les arrangements ou même à écrire des chansons, il
ressemble plutôt à Terry Date dans le sens où c’est surtout un excellent ingénieur du son, très
habile pour capturer le bon moment et donner un super son. Mais il n’intervient vraiment pas
dans le processus créatif. C’était sympa de travailler avec quelqu’un d’autre pour une fois.
Après tout, beaucoup de groupes aiment changer à chaque fois de producteur pour avoir des
avis différents et d’autres points de vue sur leur musique. Moi j’ai toujours gardé la même
personne mais cela donne aussi plus de confort et d’aisance. En fait j’adorerai refaire un album
avec Sterling, mais j’aimerai aussi en refaire un avec Jeremy (rires) ! Il faudrait en faire un avec
les 2, ce serait génial !

Vous avez enregistré Band Of Brothers au moment même où Vinnie devait plancher sur la
réédition de Vulgar Display Of Power et le son de ce disque d’Hellyeah, particulièrement sur
la batterie, semble avoir été influencé par celui du classique de Pantera. Est-ce que la
réédition de Vulgar Display Of Power a joué un rôle dans l’enregistrement de Band Of
Brothers ?

Ca fait parti de ce processus de retour aux sources. Je m’étais volontairement éloigné du son de
batterie de Pantera sur les 2 premiers Hellyeah et je recherchais davantage à obtenir un son plus
large à la John Bonham. C’est pareil pour Chad à la voix, il chantait différemment sur les 2
premiers opus et il en va de même pour les guitares qui étaient plus sudistes et bluesy. Mais vu
que cette fois nous voulions faire un disque plus agressif et revenir à ce que nous faisons de
mieux, nous n’avons pas cherché midi à 14h00 : « c’est ton son de batterie, amène le avec toi en
studio ! », idem pour le chant et les guitares. Je concède bien volontiers que les influences de
Pantera et Mudvayne sont beaucoup plus marquées sur Band Of Brothers et je pense que cela
amène Hellyeah a un tout autre niveau !

Chad, il est clair qu’il y a bien longtemps que tu ne gueulais pas autant sur un album…

Chad Gray : Cela vient surtout du fait qu’au début d’Hellyeah, Mudvayne était encore en activité. Je me
devais donc de séparer les 2 entités et de chanter différemment pour les 2 projets afin de les
distinguer. Mais aujourd’hui, vu que Mudvayne est dans une pause d’une durée indéterminée, je
me suis dit : « rien à foutre, je vais chanter comme je veux sans me poser de question ! ».
Mudvayne est à l’arrêt alors il n’y a plus aucune raison de m’empêcher d’être moi-même. Je suis
Chad Gray, la voix de Mudvayne, et j’ai le droit d’apporter ça à Hellyeah, tout comme Vinnie
Paul est le batteur de Pantera, qu’il a un son de batterie génial, et qu’il peut tout à fait apporter ça
à Hellyeah. Nous avons eu du succès avec nos groupes respectifs et nous avons voulu
simplement être nous même cette fois en exprimant pleinement nos individualités et en
apportant un peu de Pantera et de Mudvayne dans Hellyeah.

Et pour toi Vinnie, revenir à ton style traditionnel de jeu, est-ce comme refaire du vélo après
beaucoup d’année ?

Vinnie Paul : Ouais ça revient tout seul de rejouer le bon vieux truc ! Tu te sens en territoire
connu d’emblée ! Nous aimons nos 2 albums précédents et nous les considérons comme une
chouette déviation de notre passé ! C’était un peu comme une montagne russe : tu commences
par un titre metal, après tu te prends du rock sudiste, puis un titre presque country et enfin un
morceau purement rock. Nous avons vraiment touché à plein de choses sur ces 2 premiers opus.

Aujourd’hui, avec ce disque plus heavy, nous allons vraiment pouvoir proposer un set riche et
varié à nos fans en concert !

Chad Gray : Oui ça va être putain de cool pour le public. Notre répertoire s’est enrichi et nous
pouvons enchainer des titres de nos 3 disques comme « You Wouldn’t Know », « Hell Of A
Time » et « Bigger God », des trucs très différents. Cela va rendre notre set plus dynamique !
Quand je repense à Stampede, j’aimais sa grande variété car il représente bien les différentes
émotions par lesquelles on peut passer dans une seule journée. Je veux dire par là que dans la
vie, ce n’est pas comme si ton réveil sonne le matin, et tu as la rage non stop jusqu’au moment
de te coucher (Chad mime le bruit d’un réveil et hurle !). Pendant la journée, tu va éprouver de
la joie, tu vas rire, puis tu va être triste, tu vas avoir la rage. Mais en fait je trouve que tous nos
albums ont cette capacité à retracer les différentes émotions d’une journée. Band Of Brothers est
plus heavy certes, mais c’est aussi parce qu’il sonne de manière plus agressive. La batterie, les
guitares, le chant, tout est beaucoup plus punchy ! Mais je trouve qu’il parvient tout de même à
conserver cette alternance de différentes vibes. Cela vient du fait qu’à la base nous ne voyons
pas l’album comme un tout. Nous nous attaquons à chaque chanson une par une et nous les
laissons venir à nous jusqu’à ce qu’elles deviennent ce qu’elles doivent être. Il n’y a pas qu’un
bébé devant nous au départ car chaque titre est notre bébé en quelque sorte. Et vu que nous les
prenons un à un, ils ont chacun leur propre identité. Ce n’est qu’une fois que tu détermines
l’ordre des titres sur un disque que tu peux lui donner un sentiment d’unité, mais avant cela, tout
est séparé et tu dois t’assurer de donner de l’esprit et de l’attitude à chaque chanson ! Toutes les
notes jouées par Hellyeah ont été enregistrées. Nous ne sommes pas du genre à faire des démos
et à revenir plus tard en studio en essayant de récréer l’atmosphère de ces démos en améliorant
le son. Nous enregistrons de manière brute et instantanée, nous voulons saisir la pureté du
moment ! Certes nous pouvons apporter des modifications au son et à la tonalité de certains
instruments, mais l’essence d’origine est toujours conservée dans Hellyeah. Nous écrivons avec
beaucoup de spontanéité. Un titre comme « War In Me » a du être mis en boite en à peine 2
heures ! Enfin ça c’est valable pour mes 4 compères (rires) ! Pour eux c’est facile, ils peuvent
compter l’un sur l’autre, alors que moi je dois passer ensuite en solo des heures pour écrire des
paroles et trouver des harmonies (rires) !

En concert, vu que Pantera et Mudvayne ne sont plus en activité, n’avez-vous jamais pensé à
des reprises avec Hellyeah ?

Vinnie Paul : La seule reprise que nous ayons joué jusque là, lors de la première tournée est
« Stone Cold Crazy » de Queen, surtout car nous n’avions qu’un seul album et qu’il nous fallait
un titre supplémentaire pour notre set, puis nous adorions la jouer aussi. Nous l’avions rebaptisé
« Stone Cold Wasted » (rires) ! C’est toujours un moment très fun du set et en y repensant ça ne
me dérangerait pas de la jouer de nouveau. Mais pour le reste, Hellyeah se dresse sur ses 2
jambes depuis le début et n’a besoin de l’aide d’aucun autre groupe pour exister. Nous n’avons
aucune intention de reprendre Pantera ou Mudvayne en tout cas.

Les titres sont souvent écrits à la première personne comme « War In Me », « Dig Myself A
Hole » ou « What It Takes To Be Me ». Chad peux tu nous éclairer sur les thèmes de Band
Of Brothers ?

Chad Gray : L’idée principale est de reprendre le contrôle de sa vie ! Ne soit pas complaisant et
ne tombe pas trop dans le confort. Vis ta vie comme si chaque jour était le dernier, comme
Vinnie dit toujours. Tu dois être en mesure lorsque tu seras vieux de repenser à ta vie et être fier
de toi pour avoir vécu d’une certaine façon. Souvent les gens tombent dans le confort et ça finit
par les déprimer car ils laissent filer des opportunités par peur de perdre ce confort. Pour nous, il
faut au contraire saisir chaque opportunité à la gorge, car nous connaissons trop de personnes
qui ont choisi la route classique : choisir un travail pour l’argent, se marier, avoir des enfants et
ensuite ces mêmes personnes perdent le moral car elles se sentent coincées par leur travail et leur
situation familiale, et leur vie finit par leur échapper. Je connais trop de quadragénaire qui
repense à leurs années d’étude et toutes les fêtes qu’ils faisaient à l’époque comme le meilleur
moment de leur vie et qui donneraient n’importe quoi pour revivre ça. La vérité, c’est qu’ils
peuvent toujours le faire ! Il n’y aucune raison de s’en priver. La vie est déjà assez dure comme
ça, autant essayer d’en profiter non ? C’est un peu l’ambiance générale de ce disque, je
commence par exemple le titre « Rage – Burn » en disant : « je vis ma vie à fond et c’est ça qui
fait de moi ce que je suis ». C’est un mode de vie. Nous aimons nous amuser. En ce moment
même, nous sommes en train de travailler, mais c’est fun ! Nous avons une conversation
agréable, nous parlons d’un nouvel album dont nous sommes fiers et dès que nous aurons un
peu de temps libre nous allons picoler un peu (rires). Hellyeah n’est pas un nom de groupe, c’est
un mode de vie et lorsque tu t’appelles comme ça, tu as intérêt à assurer derrière ! Nous ne
pourrions pas être Hellyeah et faire des interviews en ayant l’air déprimé, fuck that ! Nous
sommes excités par ce nouvel album et nous aimons partager notre enthousiasme ! Hellyeah !
J’ai envie de casser un truc dans cette pièce là (rires) !

Si vous aviez un hymne à l’alcool avec « Alcohaulin’Ass » vous en avez un nouveau avec
« Drink, Drank, Drunk ». Cela doit être le genre de titre le plus fun à jouer n’est-ce pas ?

C’est le genre de titre le plus facile à écrire en tout cas (rires) ! Lorsque j’étais gamin, j’étais à
fond dans les courses de voiture et j’avais un livre intitulé Fast, Faster and Fastest. Plus tu
avançais dans le livre, plus les bolides allaient vite ! Tu passais des voitures de rallye, à du
Nascar jusqu’à des dragsters. « Drink, Drank, Drunk » c’est un peu le même principe appliqué à
l’alcool (rires) !
Vinnie Paul : Ce titre est probablement un des plus festifs de tous les temps ! Lorsque j’ai
entendu ce riff, j’ai immédiatement eu l’idée de donner ces 2 coups de caisse claire sur le blanc,
et ça donne un putain groove au riff ! Lorsque Chad a trouvé ses paroles, c’était la cerise sur le
gâteau et je suis sur que les fans vont adorer ce titre !
Chad Gray : Ce titre nous résume à merveille, le refrain fait : « Défonçons nous la gueule
jusqu’à ce que nous tombions par terre, tout le monde doit être drink, drank, drunk
maintenant ! ». Profite du moment présent !

Quoi de neuf sur Big Vin Records ?

Vinnie Paul : Le label a fait parti de ma convalescence suite eu meurtre de mon frère. Pendant 8
mois j’étais complètement perdu et je vivais littéralement dans une bouteille de vodka. J’étais
dans un piteux état et je ne savais plus quoi faire de ma vie. Puis un jour j’ai réécoutais Rebel
Meets Rebel et je me suis souvenu à quel point Dimebag adorait ce disque et à quel point il
aurait voulu que les fans puissent entendre cette pure cohabitation entre du metal et de la
country. On s’est tellement marrer à faire cet album ! Cela a été la première étape de mon réveil
et cela m’a permis de recoller les morceaux. Mais les maisons de disque ne savaient pas quoi en
faire, ils ne savaient pas s’ils devaient le vendre pour les fans de country ou les fans de rock
n’roll. C’est de là qu’est né Big Vin Records et nous avons vendu 150 000 exemplaires de Rebel
Meets Rebel ! J’ai ensuite décidé de sortir le DVD Dimevision, car c’était important pour moi
d’aider les gens à pouvoir célébrer la vie de mon frère. J’ai même sorti un album de noël
country avec mon père (rires) ! Puis il y a eu le disque de Seventh Void que j’adore et qui m’a
donné envie de reprendre du service en tant que batteur. Johnny Kelly et Kenny Hickey l’ont
mis en boite à New York mais nous avons tous les 3 fait un gros boulot de production chez moi.
Cet album tue ! Kenny et Johnny voulaient être sur Big Vin Records, mais moi je préférais qu’ils
signent avec une structure plus ambitieuse, mais ils ont insisté ! Nous avons donc passé la
vitesse supérieure en tant que label pour pouvoir les amener au niveau qu’ils méritent, mais
malheureusement nous n’avons pas vendu autant de disque que ce que nous espérions. J’ai
depuis délaissé le label même si ça m’a permis de voir à quel point il est difficile de bosser de ce
côté de la barrière, mais dès que Hellyeah s’est présenté, il était temps pour moi de redevenir un
artiste. Ceci dit j’ai toujours le label, et si jamais un jour un groupe me souffle littéralement, j’ai
toujours mon partenariat avec Universal et je pourrais toujours m’y remettre. Mais aujourd’hui,
ma seule priorité est Hellyeah !     

Dimevision était le volume 1, cela appelle d’autres volumes n’est-ce pas ?

Oui il y aura d’autres volumes. C’est Bobby Tongs qui s’occupait de tout filmer avec mon frère
et il bosse toujours dessus.
Chad Gray : C’est incroyable de voir le nombre de malles remplies de cassette DV de 6h00
chacune. Il y en a des milliers !
Vinne Paul : Ouais mon frère filmait tout ce qu’il faisait ! Bobby travaille toujours sur le volume
2 lorsqu’il a du temps chez lui, mais vu qu’il est assistant personnel chez Slipknot, il est souvent
en tournée. Mais je l’ai croisé l’autre jour et il m’a dit qu’il avait beaucoup de choses à me
montrer pour un volume 2 ! J’attends ça patiemment !

Tu parlais de Rebel Meets Rebel, il y a un titre vraiment mortel dessus « Cowboys Do More
Dopes » où Dimebag nous sort des riffs très funky…

Avec Dimebag nous étions d’énormes fans de Pat Travers et le jeu de Dimebag sur ce titre
rappelle beaucoup celui de Pat qui possède un élément funk dans son jeu. C’est d’ailleurs
Dimebag qui a écrit les paroles, même si David Allan Coe a modifié quelques trucs. Mais c’est
une histoire vraie en fait que Dimebag a écrit il y a très longtemps. Lorsque tu vas dans un bar
country, tu peux y voir de vrais cowboys redneck qui écoutent Van Halen et Judas Priest et qui
s’enfilent une quantité incroyable de cocaïne, d’amphétamine et de marijuana en plein dans le
bar…sans parler de l’alcool (rires) ! C’est un fait : les groupes de country sont beaucoup plus
fêtards que les groupes de rock ! Aujourd’hui dans le rock, tout le monde est CNS comme j’aime
dire : clean n’sober (rires) ! Les paroles disent que dans le monde la country, ils se défoncent
nettement plus, mais ils savent rester discrets, et pour les surprendre, il faut parfois ouvrir les
portes de certains bars (rires) ! Dans Hellyeah, il ne faut pas croire que nous soyons 24/24
défoncés. Nous savons quoi faire pour être en forme dès le matin, nous buvons beaucoup d’eau
et mangeons bien en tournée. Mais dès que l’heure du show approche, alors nous commençons
à prendre quelques shots en écoutant du bon metal comme Metallica, Slayer, Judas Priest ou
Lamb Of God que nous écoutons beaucoup en ce moment. Nous sommes alors prêts à botter
des culs sur scène et ce n’est qu’après le concert que l’alcool coule vraiment à flot ! Il y a ce
malentendu où les gens pensent que nous sommes des ivrognes bourrés de 10h00 du matin
jusqu’à ce que nous nous évanouissions chaque soir, mais en réalité c’est impossible de jouer
dans cet état !   

close
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